
dimanche 13 septembre
Incendie de la prison de Kobané : huit détenus ont perdu la vie, l’enquête se poursuit
Incendie de la prison de Kobané
Ronahî: Ce matin, à la prison de la ville de Kobané, où sont détenues des dizaines de personnes, un incendie s’est déclaré. Selon les premières informations, huit détenus ont perdu la vie et dix-sept personnes ont été blessées ; l’état de certaines d’entre elles est grave.
Ronahî: Les blessés ont été transportés vers les hôpitaux de Kobané pour y être soignés. La cause de l’incendie n’est pas encore connue et l’enquête se poursuit.
Kamîran: Autrement dit, jusqu’à présent aucun responsable n’a indiqué comment le feu s’est déclaré dans la prison — c’est la plus grande question qui reste sans réponse.
Ronahî: C’est exact. Deux détenus blessés racontent l’événement autrement. L’un d’eux, Mehmûd Cemîl, a déclaré que des bruits d’explosions ont été entendus le matin et que, selon lui, les forces du gouvernement de Damas étaient présentes sur place.
Ronahî: Ces témoignages de détenus n’ont été ni confirmés ni infirmés par les autorités ; aucune déclaration officielle explicative n’a été faite jusqu’à présent.
Kamîran: Et les obsèques de ces huit personnes n’auront pas lieu aujourd’hui, c’est bien cela ?
Ronahî: Non, elles ont été reportées. Les corps seront inhumés demain, le quatorze septembre, à dix-sept heures, au cimetière de Dîcleyê. Leurs noms ont été rendus publics : Xalid Mihemed, Ezîz Reşîd, Mehmûd Mistefa, Bozan Dalî, Elî Îsa, Delîl Şêx Elî, Elî Eqîlî et Şerwan Şevxan. Le deuil se poursuivra jusqu’à ce jour.
Ronahî: Le conseiller de la présidence syrienne Mazlûm Ebdî s’est également rendu, avec une délégation, auprès des blessés à l’hôpital de Kobané pour s’enquérir de leur état.
Assassinat de Sîpan Hiznî et appels à une enquête
Kamîran: Hier nous avions parlé de l’assassinat de Sîpan Hiznî ; aujourd’hui ce dossier et les événements de Kobané ont été liés dans des déclarations.
Ronahî: Oui. Le Conseil démocratique syrien a publié une déclaration demandant une enquête rapide sur les deux affaires : l’assassinat du combattant de la brigade de Hassaké Sîpan Hiznî et la mort des détenus de Kobané.
Ronahî: Le Parti de l’union démocratique affirme également qu’un convoi des forces de sécurité publique est entré dans la ville depuis hier, a patrouillé dans les rues et que certains civils ont été arrêtés de façon arbitraire. C’est leur allégation.
Kamîran: Et à Hassaké, les obsèques de Sîpan Hiznî ont eu lieu.
Ronahî: Des milliers de personnes y ont assisté, au cimetière du village de Dawûdiyê. Un service funèbre a également été organisé au village de Micercei, en présence d’une délégation tribale et du gouvernement de transition. Des déclarations ont aussi été faites à Dirbêsiyê, Til Temir et Kobané ; toutes ont exigé que les responsables soient jugés.
La langue kurde et la décision des trois cours
Ronahî: Dans les régions majoritairement kurdes, les manifestations d’élèves et d’habitants se poursuivent. Ils demandent que l’enseignement du kurde dépasse la limite actuelle de trois cours par semaine.
Kamîran: Cela découle de la décision du ministère de l’Éducation du gouvernement de transition, prise le vingt-sept août.
Ronahî: C’est exact. Les élèves manifestent sur la voie publique depuis le six septembre. Le Congrès national du Kurdistan a apporté son soutien à ces actions, tandis que le Mouvement mésopotamien de la culture et de l’art démocratique a lu une déclaration devant son siège et a appelé la population à faire entendre sa voix pour la langue.
Ronahî: Dans le débat, l’expérience internationale est également rappelée : l’UNESCO souligne l’importance de l’apprentissage de plusieurs langues et, en particulier, de l’éducation dans la langue maternelle.
Le journaliste Ahmet Polad livré à la Turquie
Kamîran: Un autre dossier resté silencieux pendant huit mois a été rouvert aujourd’hui.
Ronahî: Le journaliste Ahmet Polad, qui exerçait des activités journalistiques en Syrie depuis deux mille dix-sept, avait été arrêté à Raqqa le dix-huit janvier deux mille vingt-six avec un de ses collègues par les forces du gouvernement de transition.
Ronahî: Pendant huit mois, aucune information n’avait été reçue à son sujet. Selon les informations de sa famille, le gouvernement de transition l’a livré à la Turquie le neuf septembre.
Kamîran: Autrement dit, la source de cette information est la famille, et non une déclaration officielle.
Ronahî: Exactement. La famille affirme également qu’il a été soumis à des tortures pendant cette période.
Iran : peines de mort pour des femmes détenues
Ronahî: Une organisation des droits humains a publié un rapport sur l’augmentation des peines de mort prononcées contre des femmes détenues pour motifs politiques en Iran et au Kurdistan oriental.
Ronahî: Le rapport indique que Merziye Îbrahîmî, âgée de trente-deux ans et résidente de Bandar Abbas, a été condamnée à la peine de mort pour avoir photographié des sites ayant subi des frappes de missiles. La confiscation de ses biens et son licenciement de la fonction publique figurent également dans la décision.
Kamîran: Une telle accusation et une peine de cette nature — l’ampleur de l’écart en soi devient un sujet de discussion.
Retour des familles à Serêkaniyê
Kamîran: Nous terminons par une information de l’actualité des dernières semaines : le retour des personnes déplacées.
Ronahî: En août et en septembre, les personnes déplacées de Serêkaniyê ont commencé à regagner leurs villages et leurs quartiers en convoi — dans les zones de Serêkaniyê, Til Temir et Zirgan.
Ronahî: Dans deux convois, mille quatre-vingt-dix-neuf familles sont revenues. Cependant, les familles indiquent qu’elles rencontrent de graves obstacles pour reconstruire leur nouvelle vie.